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Web3 : les 10 tendances à suivre en 2023

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Web3 : les 10 tendances à suivre en 2023

Web3 : les 10 tendances à suivre en 2023Web3 : les 10 tendances à suivre en 2023

Si 2022 a été essentiellement marquée par la baisse des marchés et quelques gros crashs, la technologie et les projets n’ont pas disparu. On revient sur les thématiques et sujets chauds qui vont animer 2023.

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Le scandale FTX est sans doute la meilleure publicité dont la finance décentralisée (DeFi) aurait pu rêver. Si tout n’est évidemment pas parfait, elle apporte de la transparence là où la finance centralisée (CeFi) est particulièrement opaque.

On pense bien sûr aux échangeurs décentralisés comme Uniswap, dont les volumes mensuels oscillent régulièrement entre 30 et 50 milliards de dollars malgré la chute des cours.

Preuve qu’Uniswap a le vent en poupe, son activité a momentanément été supérieure à celle de Coinbase après l’épisode FTX. Et sur certaines grandes paires, sa liquidité est également plus importante que sur Binance.

Soyons clairs, Uniswap ne sera pas utilisé dès demain par des dizaines de millions de personnes, mais le protocole a fait des progrès en termes de simplicité. Depuis décembre, il est possible d’acheter directement des cryptos sur Uniswap par carte bancaire ou virement (via un prestataire). Uniswap s’est également ouvert à l’échange de NFTs, ce qui pourrait attirer d’autres utilisateurs.

“L'environnement post-FTX est favorable à la DeFi et on devrait continuer à voir des innovations avec des acteurs décentraliss plus performants, davantage de produits utilisant les couches secondaires d’Ethereum (voir partie n°7) et même des options (produits financiers qui permettent de se couvrir contre les risques de volatilité)”, explique Stanislas Barthélémi, expert crypto pour le cabinet KPMG.

Cette évolution devrait permettre l’émergence de Bourses décentralisées dotées d’un carnet d’ordres et de contrats à terme. Les projets DYDX et GMX semblent les plus avancés en la matière.

On suivra également avec attention le changement de stratégie de MakerDAO, qui investit désormais une très grande partie de sa réserve dans des actifs du monde réel, notamment des obligations souveraines américaines.

Ce choix peut sembler étonnant pour un acteur de la DeFi, mais il se révèle assez intéressant quand il s’agit de proposer des rendements dans un environnement où les cryptos n’en offrent plus beaucoup.

Le stablecoin décentralisé de MakerDAO, le DAI, devrait bientôt voir arriver un concurrent de taille avec le GHO, le futur stablecoin sur-collatéralisé du protocole de prêts Aave. On ignore encore sa date de lancement, mais il pourrait offrir un coup de fouet à son écosystème en renforçant le modèle économique d’Aave.

3/ Restaurer la confiance dans la CeFi

L’objectif pour les plateformes d’échange centralisées sera de rétablir la confiance.

Beaucoup de clients ont été échaudés par la chute brutale de FTX et l’épisode - catastrophique - autour des preuves de réserve n’a pas convaincu grand monde… Plusieurs plateformes ont présenté comme un audit de leurs comptes, ce qui n’était qu’un document interne ne concernant qu’une partie de leur réserve. Il n’y avait même pas le passif…

Le cas le plus symbolique est celui de Binance. Le cabinet Mazars, qui travaillait avec le leader mondial du secteur, a décidé de suspendre son contrat. Un autre acteur du secteur, Armanino LLP (auditeur de la branche américaine de FTX), a quant à lui décidé de se retirer des cryptos.

Tout le monde n’a évidemment pas quitté le navire. Plusieurs membres de ce que l’on appelle le “Big 4” (Deloitte, EY, KPMG et PWC) travaillent sur les sujets cryptos et Web3.

Coinbase est audité par Deloitte tandis que Bitfarms est audité par PWC. Le point commun entre ces deux groupes ? Ils sont cotés en Bourse et soumis à d’importantes contraintes réglementaires comme, par exemple, l'obligation de publier leurs comptes chaque trimestre. Un élément qui change tout, car Binance ou Cryptocom ont fixé eux-mêmes le cadre de leur “preuve de réserve”.

Les plateformes ont d’autant plus intérêt à changer de braquet que certains courtiers (Bitpanda, Trade Republic, etc.) pourraient leur piquer des parts de marché : s’ils sont plus chers en commissions, ils ont l’avantage de présenter plus de garanties ; ils sont nombreux à être audités et soumis à des réglementations plus contraignantes. Un point important, car selon nos informations l’organisation de Binance a été jugée “beaucoup trop complexe” par plusieurs cabinets.

4/ Binance en situation quasi-monopolistique

La chute de FTX n’a pas seulement provoqué des pertes colossales. Elle a aussi fait disparaître l’un des principaux concurrents de Binance, si ce n’est LE principal.

Pour vous donner une idée, le groupe de Changpeng Zhao dépasse désormais les 75% de part de marché (en volumes traités en janvier), un niveau qu’il n’a jamais atteint ! 😳

À ce jour, le concurrent le plus sérieux de Binance est aussi celui qui offre le modèle le plus différent, à savoir Coinbase. L’entreprise américaine est cotée à Wall Street depuis avril 2021, ce qui la rend comptablement beaucoup plus sûre, mais n'est pas sans conséquence. Depuis la faillite de FTX et la baisse des marchés, le taux de certaines des obligations de Coinbase s’est envolé au-dessus des 12% !

Le cours de son action a également été divisé par 10 (oui 10 !) depuis son introduction. Le groupe de Brian Armstrong ne pèse actuellement plus “que” 8 milliards de dollars - son plus bas historique, ce qui fait dire à certains que la société américaine serait devenue une "proie" pour d'autres. "Quid d’une OPA hostile de Coinbase par JP Morgan ? Tout cela est envisageable, ça n’est pas de la finance fiction", explique Jean-Marie Mognetti, CEO et cofondateur de CoinShares, qui est l'un des plus gros gestionnaires d'actifs crypto en Europe.

La stabilité de Coinbase est cruciale pour l’univers crypto, car la société assure la conservation de 10% des bitcoins en circulation.

En Europe, on s’attend à ce que des plateformes prennent le leadership à la faveur d’une organisation “MiCA compatible”, du nom de la future réglementation européenne.

L’une de ces plateformes pourrait être Kraken. Les efforts de la société en termes de transparence ne sont pas passés inaperçus auprès des régulateurs. Selon nos informations, la plateforme américaine (qui fait figure de pionnier du secteur) serait en bonne voie pour être l’un des premiers géants à obtenir l’agrément européen.

Les plateformes d’origine européenne (Bitstamp, Paymium, etc.) restent en embuscade, mais affichent des volumes beaucoup plus modestes.

5/ Mise en place de MiCA en Europe

Après une année d’intenses négociations entre les différents membres de l’Union européenne, le règlement MiCA, qui va donner un cadre aux cryptos pour ses 27 pays membres, va enfin pouvoir être définitivement voté. Le vote est prévu pour février 🗓️

À partir de ce vote, les plateformes d’échange - qui sont les premières concernées par ce nouveau cadre - pourront commencer les grands chantiers. Le but est de se mettre en ordre de bataille pour obtenir l’agrément “obligatoire” qui leur permettra d’exercer leur activité partout en Europe.

L’entrée en vigueur de MiCA est prévue pour 2024, mais toutes les entreprises auront 12 mois pour se mettre en conformité, avec une tolérance de 18 mois pour celles qui sont déjà enregistrées localement.

Il subsiste encore une inconnue sur ce calendrier, car les retombées politiques de l’affaire FTX pourraient contraindre les acteurs à se mettre en conformité plus tôt que prévu. En France, un amendement est actuellement en discussion au Parlement pour que l’agrément soit obligatoire dès octobre 2023 (voir l’indiscret au-dessus).

L’agrément est beaucoup plus contraignant pour les plateformes, notamment sur la protection des épargnants. Celles qui comptent plus de 15 millions d’utilisateurs (Binance principalement) devront présenter un ratio de fonds propres relativement important.

6/ L’issue du procès Ripple aux États-Unis

L’année qui vient sera celle de la délibération dans l’affaire qui oppose la société Ripple à la SEC, le gendarme financier américain, qui lui reproche depuis 2020 d’avoir vendu illégalement des titres financiers en émettant sa propre cryptomonnaie : le XRP.

Si on vous parle de ce sujet, c’est qu’au-delà du cas de Ripple, ce procès pourrait avoir un impact sur tout le secteur. “En cas de décision favorable pour la SEC, la plupart des tokens qui existent sur le marché seraient traités de la même façon”, explique l’avocat Victor Charpiat. En clair : tous ceux qui avaient des tokens “pré-minés” pourraient devenir illégaux sur le sol américain. Cela exclut donc Bitcoin et probablement Ethereum… mais c’est à peu près tout.

Les conséquences concrètes d'une telle décision seraient importantes : “Si ces projets ne se mettaient pas en conformité (en payant de lourdes amendes et en acceptant la mise sous tutelle de la SEC, ndlr), l’achat et la vente de leurs tokens serait interdit sur toutes les plateformes visant le public américain”, insiste Victor Charpiat.

La conclusion de l’affaire est attendue au cours du premier semestre. Ripple a d’ores et déjà déclaré que l’entreprise irait s’établir dans un autre pays en cas de condamnation. Une opportunité pour l’Europe ?

7/ L’avènement des couches secondaires d’Ethereum

Si l’année 2021 a pu semer le doute sur la domination d’Ethereum en tant que principal plateforme de smart contrats, les derniers mois ont permis de pas mal clarifier les choses.

Sans le soutien financier de FTX-Alameda, il sera très compliqué pour l’écosystème Solana de rattraper son retard sur le leader. Ethereum concentre actuellement 60% de la valeur immobilisée dans la finance décentralisée et son passage en septembre à la preuve d’enjeu (qui a fait chuter sa dépense énergétique de plus de 99%) a éliminé son problème principal aux yeux des acteurs institutionnels. "La réussite du merge et l’arrivée du "Shanghai update" (on en parle plus bas) va asseoir la domination d’Ethereum", souligne Jean-Marie Mognetti.

Pour les utilisateurs particuliers, les frais de transaction d’Ethereum restent encore un obstacle majeur mais les solutions de couche secondaire (layer 2) ont connu une percée spectaculaire ces derniers mois.

Que ce soit avec Polygon (utilisé pour le NFT de The Big Whale 🐳), Arbitrum ou Optimism, il est désormais possible d’accéder à tout l'univers d’Ethereum à des frais réduits. L’année 2023 pourrait bien être la leur car plusieurs projets ont prévu d’émettre leur propre token, ce qui devrait attirer énormément de liquidités. Le plus attendu est sans doute celui de StarkNet.

“Les layers 2 vont continuer de s’améliorer et de décentraliser leur gouvernance. Nous devrions progressivement voir leur usage prendre le pas sur les autres layers 1”, estime Stanislas Bathélémi de KPMG.

“Leur marge de progression est importante car la mise à jour d’Ethereum EIP-4844, qui n’est pas prévue avant 2024, doit permettre de réduire encore un peu plus leurs frais”, ajoute-t-il. Ca promet !

8/ Le vrai démarrage de la GameFi ?

Tout n’a pas été simple pour les acteurs des jeux blockchains. L’un des plus connus, Axie Infinity, n’a pas réussi à créer un jeu vraiment durable et amusant (son système repose quasi-uniquement sur l’achat de tokens et la spéculation), mais de nouvelles tentatives devraient voir le jour ces prochains mois.

“Certaines expériences comme Illivium, Ember Sword et Treeverse sont prometteuses et bien loin de la hype d’Axie Infinity”, souligne Stanislas Barthélémi.

L’exemple à suivre est probablement Sorare, qui est parvenu à créer un jeu réellement fun et dont les joueurs peuvent profiter sans forcément investir de l’argent. N’oublions pas qu’un jeu sert avant tout à… s’amuser !

Si Ubisoft n’avait pas réussi à déchaîner les foules après l’introduction de NFTs dans son jeu Ghost Recon, d’autres grands éditeurs, peut-être plus compatibles avec le sujet (on publie quelque chose à ce sujet la semaine prochaine 👀), sont déjà dans les starting-blocks.

9/ L’émergence des réseaux sociaux décentralisés

Chez The Big Whale, nous n’allons pas vous le cacher, nous sommes très excités à l’idée de voir se développer des réseaux sociaux décentralisés 🔥

Plusieurs tentatives avaient déjà rencontré un petit succès ces dernières années (Mastodon notamment), mais l’arrivée de Lens Protocol pourrait donner un vrai coup d’accélérateur au secteur. Ce dernier, conçu par des équipes proches d’Aave, apporte la brique technologique qui permet de développer des outils sociaux à la sauce Web3.

Le principe est assez simple : en s'inscrivant, on obtient un NFT qui remplace les traditionnels identifiant et mot de passe. C’est en quelque sorte votre carte d’identité numérique et celle-ci “s’améliore” avec votre utilisation.

Un exemple : les personnes qui vous suivent ne sont pas liées à la plateforme sociale, mais à votre NFT. L’avantage de ce système est que vous ne pouvez pas perdre votre communauté et vos contenus.

À ce jour, c’est Lenster, sorte de Twitter décentralisé conçu sur Lens, qui offre l’une des meilleures expériences et permet d’entrevoir de nouveaux modèles économiques pour les créateurs de contenus. Lenster permet de recevoir des récompenses en cryptos en publiant des posts ou en partageant ceux des autres. 

Ce système ouvre pas mal de perspectives et d’associations possibles entre la DeFi et la “DeSo” (réseaux sociaux décentralisés). “Je crois beaucoup à la combinaison de ces deux infrastructures”, indique Stanislas Barthélémi de KPMG.

L’écosystème DeSo est encore balbutiant et s’articule autour de trois catégories principales : les applications qui relèvent de l’interface utilisateur (comme Lenster ou Phaver), celles qui gèrent l’infrastructure des relations et des publications (comme Lens) et enfin celles qui assurent le stockage des photos ou vidéos (Arweave, Infura IPFS).

10/ Comment ne pas citer Bitcoin ?

En dépit de la baisse des cours, qui est cyclique, Bitcoin ne cesse de se développer. Les raisons de ce “succès” varient selon les géographies. Dans certains pays, il est un produit d’investissement et même de spéculation, dans d’autres il permet d’accéder à des services financiers ou de lutter contre l’inflation, comme le souligne le dernier rapport de Chainalysis.

Le Bitcoin pourrait profiter d’une attractivité supplémentaire ces prochains mois avec la concrétisation des projets de monnaies numériques de banque centrale (la BCE doit livrer ses conclusions d’ici cet été). Il est intéressant de constater que dans beaucoup de pays où des initiatives similaires ont été lancées (Nigeria notamment), Bitcoin a profité de la vague “anti-cash”.

Il faut toutefois rester vigilant sur l’industrie du minage, qui est le cœur du système, dont les difficultés financières s’accumulent en raison de la chute des cours et de la hausse des tarifs de l’énergie partout dans le monde ⚡️

Qu’on se rassure, la puissance de calcul informatique qui protège le réseau est néanmoins 40% plus importante qu’il y a deux ans. L'avènement d’un monde où l’électricité est durablement plus chère pourrait pousser les mineurs à se tourner davantage vers des sources renouvelables qui ont l’avantage d’être plus abordables, même si elles sont parfois plus difficiles à maîtriser. Selon l’université de Cambridge, les mineurs utilisaient en 2022 environ 25% d’énergies renouvelables dans leur mix.

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