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Austin Federa (Solana) : “Nous avons tout pour attirer les entreprises”

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Austin Federa (Solana) : “Nous avons tout pour attirer les entreprises”

Austin Federa (Solana) : “Nous avons tout pour attirer les entreprises”Austin Federa (Solana) : “Nous avons tout pour attirer les entreprises”

Souvent présentée comme la deuxième blockchain la plus développée après Ethereum, Solana ne manque pas d’atouts pour attirer une partie des entreprises et des institutionnels. Le directeur de la stratégie de la Solana Foundation détaille la vision.

The Big Whale : Solana a subi de plein fouet la faillite de FTX, mais votre écosystème a retrouvé un fort dynamisme ces derniers mois. Comment expliquez-vous ce retournement de tendance ?

Austin Federa : S'il y a eu autant d'inquiétude, c'est parce que FTX était très lié à Solana de plusieurs manières. Beaucoup de personnes ont découvert Solana via FTX, et son dirigeant Sam Bankman-Fried a participé au financement de l’écosystème via Alameda Research. Mais en réalité, les implications n’allaient pas plus loin que cela.

Nous avons enregistré le départ d’un certain nombre d’utilisateurs, mais ces derniers sont ceux qui ont quitté la crypto parce que le marché était baissier. C’est un phénomène cyclique naturel qui a été observé par le passé, ça n’avait rien à voir avec Solana en tant que tel. Depuis quelques mois, nous voyons désormais ces utilisateurs revenir massivement car la tendance du marché est meilleure.

Solana a connu des volumes d’échange record grâce au lancement de nombreux projets de “memecoins” sur cette blockchain. Est-ce que cela pourrait menacer votre crédibilité vis-à-vis des acteurs institutionnels ?

Je pense qu'il y a beaucoup de malentendus concernant les memecoins. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un memecoin ? D’une certaine façon, Bitcoin en était un à ses débuts. C’est un jeton qui fédère une communauté autour d’un actif numérique. Bien évidemment, certains projets n’ont aucune valeur et n’en auront jamais, mais cela ne représente qu’une infime partie des projets qui peuvent se créer sur une blockchain. Ce serait contre-productif de les interdire, cela irait contre nos principes de liberté.

N'est-ce pas tout de même un problème en termes d'image pour les institutionnels du monde financier traditionnel qui voudraient se lancer sur Solana ?

Ne vous inquiétez pas, ils savent faire la différence entre des projets sérieux et les autres. Mais prenons le problème à l'envers : pourquoi est-ce que les memecoins se développent de manière exponentielle sur Solana ? Tout simplement parce que cela ne coûte pas cher et c’est ce que beaucoup d’institutionnels recherchent aussi. Il est utile de rappeler qu’Ethereum faisait l’objet du même type de critiques lors de l’explosion du phénomène des NFT ou de ses propres memecoins.

Solana est présentée comme très véloce par rapport à Ethereum, mais les pics d’utilisation ont également perturbé l’exécution des transactions...

Solana est actuellement capable de traiter 1700 transactions par seconde pour des frais modiques, ce qui est bien mieux que les autres blockchains du marché, y compris les layers 2 d’Ethereum. Et nous sommes encore loin d’avoir terminé le développement de l’infrastructure. La réalité est qu'il n'y a jamais eu autant d’utilisateurs actifs qu’actuellement sur Solana.

Qu’est-ce qui est prévu sur votre feuille de route ?

Nous avons l’agilité pour optimiser encore davantage notre réseau. Nous allons continuer à augmenter le nombre de transactions par seconde, tout en améliorant encore la sécurité du réseau via la sortie prochaine de Firedancer, un nouveau client pour les validateurs Solana. Il devrait arriver d’ici la fin de l’année. Nous allons également réduire les ressources nécessaires pour faire fonctionner les infrastructures du réseau grâce à Runtime V2 qui sera déployé d’ici 12 à 24 mois.

Vous mettez souvent en avant votre “agilité” pour développer Solana. Est-ce une critique d’Ethereum dont les changements sont lents à implémenter ?

C’est une réalité que les mises à jour d’Ethereum prennent du temps à être déployées. Solana est nettement plus agile de ce point de vue.

Ethereum est néanmoins le protocole le plus attractif pour les institutionnels qui souhaitent lancer des produits tokenisés, en premier lieu BlackRock qui vient de présenter son fonds tokenisé BUIDL. Comment avez-vous accueilli cette annonce ?

C’est une excellente nouvelle, car l’ensemble du secteur a besoin de s’institutionnaliser davantage pour franchir une nouvelle étape. Lancer ce type de produit sur Ethereum est logique aujourd’hui car c’est le réseau le plus développé, et cela n’est contesté par personne. Mais nous ne sommes qu’au début du mouvement de tokenisation des actifs du monde réel : tout reste à faire.

Si les équipes de BlackRock se sentent suffisamment confiantes pour lancer un fonds tokenisé sur Ethereum aujourd’hui, elles le seront demain sur d’autres blockchains, comme Solana, qui offrent d’autres avantages.

Regardez Visa et Circle : ils ont d’abord déployé leurs projets sur Ethereum avant de les porter sur Solana, car celle-ci offre des capacités de traitement supérieures.

Néanmoins, les grandes tendances de l’innovation se trouvent majoritairement dans l’écosystème d’Ethereum. Comment comptez-vous inverser cette dynamique pour séduire les acteurs institutionnels ?

Il est vrai qu’actuellement, tout le monde parle du restaking, et cette tendance est principalement associée à Ethereum. La promesse est séduisante sur le papier, mais elle comporte encore de nombreux risques et son développement n’en est qu’à ses débuts.

Du côté de Solana, nous mettons l’accent sur des innovations simples qui répondent aux besoins des institutionnels. Ces derniers pourront bientôt personnaliser leurs tokens en y intégrant des données spécifiques, comme des informations sur leurs détenteurs ou des droits de transfert particuliers. Nous avons déjà tout pour attirer les entreprises, même si nous devons évidemment toujours nous améliorer.

Qu’est-ce qui intéresse les entreprises chez Solana ?

Les entreprises recherchent un réseau efficace, simple à utiliser et suffisamment décentralisé pour garantir la transparence, ce que nous offrons.

En termes de simplicité d’utilisation, nous nous sommes distingués dès le début par notre expérience utilisateur, qui est proche de celles des applications du Web2. Nous continuerons également à travailler sur l’abstraction de compte ou de blockchain, qui permettra de se connecter à une blockchain sans même s’en rendre compte. Bien que l’on en ait beaucoup parlé ces derniers mois, ce type de technologie ne sera pleinement opérationnel que d’ici 5 à 7 ans.

Aujourd’hui, combien d’employés comptent les différentes structures de Solana ?

La Solana Foundation, une société à but non lucratif, compte 35 employés, tandis que Solana Labs, l’entreprise commerciale à l’origine du protocole, en compte 70. Anza, la principale société de développement de logiciels basés sur Solana, en compte une cinquantaine.

Pour aller plus loin > L'analyse de Solana et de son token SOL

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